Islam Web

  1. Fatwa
  2. Criminologie et systĂšme judiciaire islamique
  3. Zina
Recherche Fatwas

Ma copine a commis un énorme péché qui a commencé à détruire sa vie

Question

J'ai une amie qui a commis un Ă©norme pĂ©chĂ© qui a commencĂ© Ă  dĂ©truire sa vie. J'essaye de l'aider dans ces circonstances difficiles et de lui faire comprendre qu'il faut garder l’espoir. Cependant, j'aimerais me renseigner au sujet de certaines choses qui pourraient m’aider Ă  accomplir cette tĂąche.
1) Je sais que le chĂątiment efface les pĂ©chĂ©s et que lorsqu'une personne est fouettĂ©e ou lapidĂ©e, le pĂ©chĂ© qu’elle a commis est effacĂ©.
Toutefois, le verset 68 de la sourate al-FurqĂąn me fait douter.
Ce que je comprends de ce verset est que celui qui commet un péché dans ce bas monde et est soumis à la peine légale réservée à ce péché sera également chùtié dans l'au-delà. Son chùtiment est donc double. Est-ce vrai ? Si cela est vrai, comment concilier ce verset avec le hadith ?
2) Je ne sais pas lire l'arabe et je lis donc une traduction des sens du Coran en anglais. J'ai appris récemment que certains versets ont été abrogés comme le verset 15 de la sourate al-Nisù' abrogé par le verset 2 de la sourate al-Nûr. Le verset 16 de la sourate al-Nisù' a-t-il été également abrogé ? Doit-on laisser celui qui commet la fornication puis s'en repentit ?
3) Concernant l'enfant adultĂ©rin, j'ai lu sur votre site que l'enfant nĂ© d'un acte de fornication n'est pas attribuĂ© Ă  son pĂšre, mais Ă  la femme avec qui il a commis la fornication, mĂȘme s’il finit par l’épouser. Sur quoi vous ĂȘtes-vous appuyĂ©s dans votre jugement ? En dĂ©pit de mes connaissances modestes, je n'ai trouvĂ© aucune preuve dans le Coran ou la Sunna qui appuient ce verdict.
Qu’en est-il si une femme enceinte de son mari commet la fornication durant sa grossesse ? L'enfant est-il quand mĂȘme affiliĂ© Ă  son mari ? Cela a-t-il un impact sur sa relation avec son Ă©poux, sachant qu’elle regrette ce qu’elle a fait, s'en est repentie et ne savait pas qu'avoir un rapport sexuel avec un homme Ă©tranger aprĂšs ĂȘtre tombĂ©e enceinte de son mari Ă©tait illicite ?
Pouvez-vous nous aider rapidement ?

Réponse

Louange Ă  Allah et que la paix et la bĂ©nĂ©diction d’Allah soient sur Son ProphĂšte et Messager Mohammed ainsi que sur sa famille et ses compagnons :

Si cette femme s'est repentie et regrette ce qu’elle a fait, son repentir annule ce qui le prĂ©cĂšde. Celui qui se repent d'un pĂ©chĂ© est comme celui qui n'a pas commis de pĂ©chĂ©. Allah, exaltĂ© soit-Il, dit dans Son Noble Livre que quiconque commet un acte de polythĂ©isme, tue injustement ou commet la fornication puis se repent, Allah, exaltĂ© soit-Il, lui pardonnera son pĂ©chĂ© et transformera ses mauvaises actions en bonnes actions. Allah, exaltĂ© soit-Il, dit (sens des versets) :

« Qui n'invoquent pas d'autre dieu avec Allah et ne tuent pas la vie qu'Allah a rendue sacrée, sauf à bon droit ; qui ne commettent pas de fornication - car quiconque fait cela encourra une punition et le chùtiment lui sera doublé, au Jour de la Résurrection, et il y demeurera éternellement couvert d'ignominie ; sauf celui qui se repent, croit et accomplit une bonne oeuvre ; ceux-là Allah changera leurs mauvaises actions en bonnes, et Allah est Pardonneur et Miséricordieux. » (Coran 25/68-70)

Allah, exalté soit-Il, aime celui qui se repent. Allah, exalté soit-Il, dit (sens du verset) : « [...] Allah aime ceux qui se repentent, et Il aime ceux qui se purifient. » (Coran 2/222)

Cette femme ne doit pas dévoiler son péché et ne doit en parler à personne. Le ProphÚte () a dit :

« Que celui qui a le malheur de commettre de pareilles ignominies s'enveloppe du voile de la discrétion qu'Allah lui confÚre et n'en parle à personne. » [al-Hùkim, al-Bayhaqß (al-Suyûtß : sahßh)]

Le ProphĂšte () a dit :

« Quiconque chùtié dans ce monde pour avoir commis un péché, Allah est trop Juste pour lui infliger (dans l'au-delà) un autre chùtiment à Son serviteur. Quant à celui dont Allah dissimule et pardonne le péché qu'il a commis dans ce monde, Allah est trop Généreux pour revenir sur une chose qu'Il a pardonnée. » [Ahmad (al-Arnù'ût : hasan)]

Ce hadith clarifie donc le sens du verset 68 de la sourate al-FurqĂąn et explique la situation de la femme qui commet la fornication. Et Allah sait mieux.

2) Le verset 15 de la sourate al-NisĂą' a Ă©tĂ© abrogĂ© par le hadith dans lequel Ibn al-SĂąmit, qu’Allah soit satisfait de lui, a rapportĂ© que le ProphĂšte () a dit :

« Apprenez de moi, apprenez de moi. Allah leur a offert une autre issue : toute femme ou tout homme qui a connu le mariage [et qui commet la fornication], doit subir cent coups de fouet et ĂȘtre lapidĂ© Ă  mort, alors que toute femme ou tout homme qui n'a jamais Ă©tĂ© mariĂ© [et qui a forniquĂ©], doit subir cent coups de fouet et ĂȘtre condamnĂ© Ă  un an d’exil. » (Mouslim)

Quant au verset 16, al-Qurtubß, qu'Allah lui fasse miséricorde, dit dans son exégÚse de ce verset : « Ce verset fut abrogé lorsque les peines légales furent révélées ».

Certaines peines sont confirmĂ©es par le Coran comme les coups de fouet pour l’homme ou la femme qui n’ont pas connu le mariage dans le verset 2 de la sourate al-NĂ»r, et le hadith prĂ©cĂ©dant qui confirme les coups de fouet pour l’homme ou la femme qui n’ont pas connu le mariage et la lapidation pour l’homme ou la femme qui ont dĂ©jĂ  Ă©tĂ© mariĂ©.

3) Concernant la filiation de l'enfant adultérin, il est légalement attribué à sa mÚre et à sa famille maternelle avec toutes les conséquences que cela engendre du point de vue de la Hurma (interdiction de mariage avec certaines femmes), de la Mahramiya (fait de servir de mahram à certaines femmes) de la tutelle légale, de l'agnation, de l'héritage et de la filiation, car l'enfant est bel et bien le fils de sa mÚre et il n'y a aucune divergence à ce propos.

Enfin, concernant le fait que l'enfant soit attribuĂ© Ă  son pĂšre biologique qui l'a conçu suite Ă  un acte de fornication, Is-hĂąq ibn Rahawayh, 'Arwa, SulaymĂąn ibn YasĂąr et AbĂ» HanĂźfa, qu’Allah leur fasse misĂ©ricorde, ont permis ce fait.

AbĂ» HanĂźfa, qu’Allah lui fasse misĂ©ricorde, dit : « Je ne vois aucun mal Ă  ce qu’un homme qui met enceinte une femme suite Ă  un acte de fornication Ă©pouse celle-ci, ne dĂ©voile pas son pĂ©chĂ© et s’attribue la parentĂ© de l’enfant. »

NĂ©anmoins, la majoritĂ© des savants sont d'avis que l'enfant nĂ© d'un acte de fornication ne peut ĂȘtre attribuĂ© Ă  son pĂšre biologique en raison du jugement rendu par le ProphĂšte () au sujet de l'enfant adultĂ©rin :

« Tout enfant considĂ©rĂ© comme un membre d’une famille aprĂšs la mort de son pĂšre (auquel il a Ă©tĂ© attribuĂ© par les hĂ©ritiers de celui-ci) dont la mĂšre Ă©tait une esclave possĂ©dĂ©e par son pĂšre au moment oĂč il a eu une relation avec elle est un membre de la famille qui le considĂšre comme tel, mais il ne perçoit rien de l'hĂ©ritage prĂ©cĂ©demment partagĂ©. Par contre, il perçoit une part de l'hĂ©ritage qui n'a pas encore Ă©tĂ© partagĂ©. Quant Ă  l'enfant affiliĂ© Ă  un pĂšre qui ne le reconnaĂźt pas, il n'est pas considĂ©rĂ© comme un membre de la famille. Enfin, tout enfant nĂ© d'une relation entre un homme et une esclave qu’il ne possĂšde pas ou d'une relation illicite entre un homme et une femme libre n'est pas affiliĂ© Ă  son pĂšre et n'hĂ©rite pas de lui, mĂȘme si celui qu'il prĂ©tend ĂȘtre son pĂšre le reconnaĂźt car il est le fruit d'un acte de fornication avec une femme libre ou une esclave » (Ahmad, AbĂ» DĂąwĂ»d, Ibn MĂądja, al-DĂąrimĂź).

L'avis de la majoritĂ© des savants sur la question est le plus fort. Par consĂ©quent, si un homme se marie avec la femme qu’il a mise enceinte lors d’une relation illicite, l'enfant nĂ© de cette relation est apparentĂ© Ă  sa mĂšre et Ă  la famille de celle-ci. Et il est considĂ©rĂ© comme le beau fils de l’homme, avec toutes les consĂ©quences lĂ©gales que cela engendre.

Il est Ă  noter que lorsqu’une femme mariĂ©e commet un acte de fornication avant ou aprĂšs ĂȘtre tombĂ©e enceinte, l'enfant issu de cette grossesse est affiliĂ© au mari de cette femme, car le ProphĂšte () a dit : « L'enfant doit ĂȘtre affiliĂ© Ă  la couche conjugale et le fornicateur n'a aucun droit sur lui. » sauf si le mari de cette femme prononce le serment d'anathĂšme que cet enfant n'est pas le sien. Nous implorons Allah, exaltĂ© soit-Il, d'accepter le repentir de cette femme et d'allĂ©ger son chĂątiment surtout qu'elle ne connaĂźssait pas l'Ă©normitĂ© de l'acte qu'elle a commis.

Et Allah sait mieux

Fatwas en relation

Recherche Fatwas

Vous pouvez rechercher une fatwa à travers de nombreux choix

Le plus lu aujourd’hui